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Vous avez la parole

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lundi 27 janvier 2014

La vérité sur le déplacement de Valérie Trierweiller en Inde


En voilà un titre racoleur aux effluves nauséabondes dignes de Gala, Public ou Voici.
Il n'en est rien pourtant.
Vous trouverez ci-dessous les explications de la présidente d'Action Contre la Faim, obligée de répondre à certaines rumeurs infondées, relayées par un journalisme sans scrupule. Mais qui, comme toute rumeur qui se respecte, peut faire le plus grand mal en un rien de temps.

Pourquoi relayons-nous cette information :
- Parce que nous croyons au bien fondé de l'ONG Action Contre la Faim, et qu'il serait dommage que les dons, plus que nécessaires, diminuent suite à cette rumeur.
- Parce que l'Inde est un pays pour lequel nous avons une affection toute particulière.
- Parce que, qu'il s'agisse de la première dame de France (l'est elle d'ailleurs ? Pour une réponse dont on se fout, lire les magazines cités ci-dessus), de son sosie, du pape, de Tintin ou Milou, de votre frère ou grand-mère, on s'en contre-balance. Il s'agit seulement de rétablir la vérité afin qu'Action Contre la Faim puisse faire encore longtemps en sorte que le monde aille un peu mieux.

Voici leur message, que vous pouvez à votre tour, faire circuler :


"Cher donateur/chère donatrice,

Depuis ce matin, les médias relaient l’information du déplacement de Valérie Trierweiller en Inde.

Comme beaucoup, vous vous posez des questions et, en tant que fidèles donateurs d’Action contre la Faim, je vous écris ce soir pour vous expliquer la situation et vous demander votre aide.

Comme de nombreuses personnalités, Valérie Trierweiller est une sympathisante active d’Action contre la Faim depuis 2011, avant même l’élection présidentielle. Son déplacement à Bombay est prévu depuis plusieurs mois et son objectif est double :

  • mieux faire connaître le problème de la faim en Inde
  • lever des fonds pour un programme sur le traitement de la malnutrition aigüe
Les informations qui circulent dans les médias laissant entendre que ce déplacement serait financé par vos dons sont parfaitement infondées.

Je tiens à vous rassurer sur le fait qu’aucun des frais de déplacement n’ont été pris en charge par Action contre la Faim. Vos dons et ceux de nos partenaires n’ont en aucun cas été utilisés.

Ce voyage est d’autant plus important que la situation humanitaire en Inde est critique : plus de 8 millions d’enfants souffrent de malnutrition. Le décès d’1 enfant de moins de cinq ans sur 2 est lié à la faim !

Il s’agit d’un véritable drame humain, d’une urgence silencieuse insoutenable.

Ce soir, ces enfants victimes de la faim ont besoin de nous, de vous, pour sortir de l’ombre. Si vous le pouvez, merci de soutenir nos programmes humanitaires 2014, en faisant un don sur notre site Internet sécurisé.

Rappelez-vous : la faim n’est pas une fatalité. Quand nos équipes disposent des ressources et des moyens nécessaires, elles sauvent une vie toutes les 3 minutes.

Merci d’avance de votre grande fidélité à notre cause et merci à tous ceux qui nous ont déjà renouvelé leur confiance".

Stéphanie Rivoal,
Présidente


jeudi 3 octobre 2013

A Manuel Valls, à propos du franquisme, de la Résistance, des roms...

Jean-Claude Lefort, Député honoraire Fils de Manouche, à Manuel Valls


"Manuel, tu avais "vocation" à retourner en Espagne en 1982.

Manuel, tu as déclaré hier soir sur BFM TV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé Français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu Français il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement de même que je comprends totalement ton souhait de devenir Français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais « vocation » à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms.

Celui qui t’écris, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et Français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre le franquisme les armes à la main dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que 9 ans et ma sœur 18.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à 16 ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient « vocation » à retourner ou à rester dans leurs pays d’origine, ces « Etrangers et nos frères pourtant »...

Manuel, « on » a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour devenir ou être membre de l’Union européenne: le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député je suis allé à Bruxelles auprès de la Commission pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figures- toi.

Et aujourd’hui dans ces pays la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien : aggravée. Et ils ont « vocation » à rester dans leurs pays ou à y revenir ? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes ? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures ? C’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant.

Alors toi l’espagnol devenu Français, tu ne comprends pas ? Fuir son pays, tu ne comprends pas ? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a « vocation » à rester ou revenir dans son pays ? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot « race » va disparaître de nos lois. A juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche on n’a pas la matraque en guise de cœur.

C’est un Français d’origine manouche qui t’écris et qui écris au Français de fraiche date que tu es. C’est un fils de « brigadiste » qui se rappelle à toi. Souviens-t-en : « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir ».

Pour l’heure Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour « ça » ?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus « ces étrangers et nos frères pourtant. » "



vendredi 11 mai 2012

Le président Hollande doit marquer une rupture avec la xénophobie d'Etat et décréter un moratoire sur les expulsions

(Visuel Quat'rues créé dans le cadre d'un partenariat avec Réseau Education Sans Frontières - Le billet qui suit est un relais de cette même association)


En dix années, de l'Intérieur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a emprisonné en centre de rétention plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants étrangers sans papiers et en a expulsé de deux à trois cent mille.

A son tour expulsé de l'Elysée, son successeur a affirmé vouloir mener "une autre politique migratoire fondée sur des règles transparentes, stables et justes, conduite dans le respect de la dignité de tous les êtres humains qui sont sur notre territoire" (courrier au RESF et à l'OEE du  20 février 2012 http://www.educationsansfrontieres.org/article41771.html ).


Même si ses engagements ont été limités et prudents, cette volonté du Président Hollande devrait marquer une rupture avec la xénophobie d'Etat, se traduire par un profond réexamen du code de séjour des étrangers et des demandeurs d'asile (CESEDA) et permettre de répondre aux exigences minimum qui ont été portées par le Réseau Education Sans Frontière et par les militants et élus de gauche sous les quinquennats de Chirac et de Sarkozy :

* Conformément aux engagements écrits pris par le candidat Hollande, le placement en rétention des mineurs devra être interdit, la gratuité de l'AME rétablie, la liste des pays dits sûrs supprimée, le droit d'asile pleinement restauré.

* De même les parents d'enfants scolarisés ou les sans papiers ayant un travail déclaré ou au noir devront être régularisés, conformément aux engagements pris par le Parti Socialiste et plusieurs fois évoqués par le candidat.

* Même si, de façon incompréhensible, cet aspect de la question ne figure pas dans le programme du Parti Socialiste ni dans celui de son candidat, le RESF maintient son exigence de la régularisation des jeunes majeurs scolarisés, sauf à souhaitervoir les élèves des lycées des jeunes concernés défiler par centaines sous Hollande comme ils l'ont si souvent fait sous Sarkozy avec la solidarité de militants et d'élus des partis de gauche, dont le Parti Socialiste.

* Le démembrement des familles (l'expulsion d'un père ou d'une mère tandis que le conjoint et les enfants restent en France), mesure inhumaine s'il en est, devra être interdit.

* Les taxes prohibitives perçues sur la délivrance des titres de séjour doivent être réduites, ramenées, par exemples à celles exigées pour la délivrance d'un passeport français (80 €)

* L'accueil des étrangers, y compris ceux en situation régulière, est actuellement organisé dans certaines préfectures dans des conditions dégradantes. Il convient d'y remédier très rapidement.

Ces mesures, et celles concernant les autres catégories de sans papiers devront être prises au plus vite. RESF a cependant conscience de la difficulté à décider et à organiser ces dispositifs en quelques jours.

Aussi semble-t-il indispensable et urgent que le président de la République prenne dès son entrée en fonction une mesure forte, à la fois symbolique, et qui concrétise aux yeux de tous que les promesses électorales ne sont pas du vent : un moratoire sur les expulsions.

L'expulsion est, en effet, une mesure d'une extrême gravité, propre à mettre en cause la vie, l'avenir, de ceux sur lesquels elle s'abat. C'est tout à la fois une arrestation impromptue, une garde à vue, un emprisonnement (jusqu'à 45 jours !), la perte de son travail, de son logement, la spoliation des biens accumulés, la rupture définitive avec son milieu, ses amis, sa famille et une humiliation dont on ne se remet pas : le pays qu'on avait choisi vous rejette et vous dépose, parfois dans la tenue dans laquelle vous avez été arrêté, à la queue de l'avion, sur le tarmac d'un aéroport ou rien ni personne ne vous attend.

La volonté exprimée par le président d'une "une autre politique migratoire" respectant "la dignité de tous les êtres humains" impose la refonte du CESEDA.  Il serait dès lors inacceptable que des hommes, des femmes, des enfants soient expulsés sur la base de textes hérités du sarkozysme et promis à la corbeille très vite. Décréter un moratoire sur les expulsions est une mesure conservatoire à laquelle le nouveau pouvoir ne saurait se dérober.

Le changement, c'est maintenant ?


jeudi 3 mars 2011

Empêcher que Rupert Murdoch ne prenne le contrôle de la moitié des médias britanniques!

Rupert_Murdoch_blog_Quat_rues.jpg
- Message d´Avaaz - Avaaz est un réseau citoyen mondial de 7 millions de membres qui mène des campagnes visant à ce que les opinions et les valeurs des peuples influent sur les décisions mondiales.

Dans 48 heures, presque la moitié des médias de masse britanniques pourrait être rachetée par l'un des pires barons des médias dans le monde.


Rupert Murdoch a exploité son vaste empire médiatiques pour encourager la guerre en Irak, faire élire George W Bush, propager le ressentiment envers les musulmans et les immigrés, et bloquer un plan d'action mondial sur le changement climatique.

S'il parvient à verrouiller son emprise sur les médias britanniques, Murdoch renforcera considérablement son pouvoir qui affectera presque tous les enjeux qui nous préoccupent, des droits humains à l'environnement. Le Royaume-Uni est vent debout contre l'offre de rachat de Murdoch et même le gouvernement, élu avec l'aide de Murdoch, est divisé alors qu'il doit prendre une décision cette semaine. La solidarité mondiale a soutenu les manifestants pro-démocratie en Egypte -- elle peut aujourd'hui aider la mobilisation des citoyens britanniques.

A nous de faire résonner de toute urgence un tollé mondial pour contrer Rupert Murdoch. Signez la pétition adressée aux décideurs britanniques:
http://www.avaaz.org/fr/stop_rupert_murdoch_fr


Murdoch ébranle la démocratie dans le monde en menaçant les dirigeants élus de campagnes médiatiques ouvertement hostiles s'ils refusent de faire ce qu'il demande. Il a ainsi manipulé depuis des années la démocratie aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, mais il cherche aujourd'hui à obtenir un contrôle total. Aux Etats-Unis, la plupart des futurs candidats républicains aux élections présidentielles sont aujourd'hui des employés de Murdoch! Lorsque Barack Obama a rejeté sa chaîne Fox News, la considérant comme un pur et simple organe de propagande, celle-ci a lancé le mouvement d'extrême droite "tea party" et diffusé des attaques constantes et haineuses contre Obama, sa réforme de la santé et ses efforts pour la paix. Le résultat fut une large victoire des Républicains aux élections de 2010 au Congrès.

Nous pouvons encore renverser la tendance face à cette grande menace pour la démocratie. L'an dernier, après un déjeuner avec Murdoch, le Premier ministre canadien confiait à son principal conseiller la charge de créer une chaîne de propagande politique au Canada, inspirée des médias de Murdoch. Une mobilisation massive des membres canadiens d'Avaaz a permis d'empêcher que cette chaîne ne soit financée par l'argent du contribuable. La semaine dernière, une autre campagne d'envergure lancée par Avaaz a contraint le gouvernement canadien à ne pas retirer des normes de journalisme empêchant cette nouvelle chaîne de diffuser des informations mensongères. Cette semaine, la bataille se déroule au Royaume-Uni. La lutte contre Murdoch sera longue, mais déjà nous remportons des victoires. Cliquez ci-dessous pour maintenir la pression:
http://www.avaaz.org/fr/stop_rupert_murdoch_fr

La force d'Avaaz et de ce moment dans l'histoire du monde, c'est la force de l'unité. Dans le monde arabe et au-delà, les gens s'unissent pour défendre des causes communes dépassant les frontières. La force de Murdoch, c'est sa capacité à diviser. Ses réseaux de diffusion utilisent la peur et la désinformation pour diviser la gauche et la droite, les citoyens et les étrangers, les musulmans et l'occident, les immigrés et les non immigrants, et ainsi de suite. Murdoch sait que la démocratie doit être divisée pour être conquise. Cette semaine, montrons-lui à quoi ressemble l'unité.

vendredi 19 novembre 2010

Accords Union Européenne-Inde : du business sur le dos des malades - Par Benjamin

Pharmacie-Jodhpur-Inde-Février 2010Jodhpur-Inde-Février 2010

Nous relayons aujourd'hui un billet de Benjamin Joyeux, du blog http://www.binjamin.info. Il aborde ici un sujet qui n´est pas traité par les médias et qui met pourtant en cause la vie de millions de personnes.


"Actuellement et en catimini, des responsables indiens et européens se rencontrent à Bruxelles pour mettre au point les détails de finalisation d’un accord de libre-échange entre l’Inde et l’Union européenne, en cours de négociation depuis plusieurs mois. Or cet accord risque de réduire l'accès à des médicaments génériques bon marché pour des millions de personnes.

La Commission européenne souhaite en effet une meilleure réciprocité dans l'accès aux marchés des pays émergents, en particulier la Chine et l’Inde, comme elle l’a indiqué début novembre en présentant sa stratégie commerciale pour les cinq ans à venir :
"Mon objectif est de veiller à ce que les entreprises européennes obtiennent des conditions équitables et que nos droits soient respectés afin que nous puissions tous profiter des bénéfices du commerce", a notamment souligné le commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht.

Bien lui en fasse : mais doit-on sacrifier le droit à la santé pour tous sur l’autel du business ? Car la question se pose sérieusement au regard de certaines clauses écrites dans l’accord bilatéral signé entre Bruxelles et New Delhi. En effet, les règles sur la propriété intellectuelle proposées par l’Europe risquent d’entraver sérieusement la production des médicaments génériques indiens. Car l’accord prévoit d’allonger les droits de la propriété industrielle ou encore d’inclure une notion d'exclusivité des données (la très controversée clause de data exclusivity). Cela contraindrait les fabricants de génériques à de longs et coûteux essais et privilégierait les grands laboratoires pharmaceutiques au détriment des malades n'ayant pas les moyens de se soigner.
Or on n’y pense pas toujours, mais l’Inde, au delà des clichés habituels (vaches sacrées, Bolywood, call centers ou logiciels informatiques), c’est surtout l’un des plus gros producteurs de médicaments génériques dans le monde. Depuis les années 1970, le Sous Continent produit des médicaments pour les pays en développement, tant et si bien qu’on le considère aujourd’hui comme la « pharmacie du monde ». Ces génériques bon marché ont permis des avancées spectaculaires dans le traitement de maladies graves comme la tuberculose, le paludisme ou encore le SIDA. L’Inde fabrique aujourd'hui 20% des génériques dans le monde.

Actuellement par exemple, plus de 50 % des médicaments distribués par l'Unicef viennent d'Inde. Des experts estiment que dans le cas des antirétroviraux destinés aux malades du SIDA, ce chiffre s'élève à 93 %.

Le développement de l'industrie indienne a eu un impact déterminant sur l’ensemble de la planète, favorisant des baisses drastiques des médicaments et des traitements, malgré toutes les déclarations contraires des grandes entreprises pharmaceutiques. Dans les années 90, une fois mis en concurrence (certes toute relative) avec l'Inde, les laboratoires occidentaux ont revu leurs tarifs à la baisse, entrainant la chute des prix de plus de 90 % en quelques années.

Et l’Europe remettrait en cause ce progrès indéniable au nom du sacro-saint business ?

L'adoption de ce traité signifie rien de moins que la mort de centaines de milliers de personnes. L’industrie pharmaceutique indienne ne serait plus en capacité de fournir des médicaments aux pays en développement et les laboratoires occidentaux pourraient de nouveau affirmer que les prix sont justes et au plus bas, sans contradicteur. En plus ces accords vont au-delà des demandes, déjà strictes, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

De l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Parlement européen en passant par des chercheurs et des personnalités politiques de tous bords, beaucoup ont d’ores et déjà vivement critiqué ces mesures. Les négociateurs, eux, restent muets.

Le gouvernement indien lui-même commence à s’inquiéter et à se demander si dans les négociations internationales en cours, en particulier au sein des négociations autour d’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou Accord commercial anti-contrefaçon[1]) les médicaments, leur fabrication et leur commercialisation ne doivent pas être exclus.

Il est temps que les citoyens s’emparent de ce sujet, en interpellant par exemple leurs députés européens sur la nécessité d’empêcher que les négociations commerciales en cours entre l’UE et l’Inde puissent porter sur les droits de propriété intellectuelle concernant les médicaments, et en leur demandant également de réclamer à la Commission une transparence totale sur cet accord de libre échange.

Les gouvernements des « pays riches » et les grandes organisations internationales n’ont toujours pas tiré les leçons de la triple crise écologique, économique et démocratique actuelle et continuent de signer des accords dans le dos des peuples au bénéfice des multinationales, en l’espèce les grands groupes pharmaceutiques au détriment des malades d’Afrique et d’ailleurs. Mais la société civile internationale s’organise et ils ne pourront pas éternellement passer outre ses légitimes revendications."

Benjamin Joyeux

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[1] L’ACTA est une proposition de traité international multilatéral concernant les droits de propriété intellectuelle, la lutte contre les produits contrefaits et les échanges illicites de fichiers sans autorisation des ayants-droit. Il est en cours d'élaboration entre plusieurs États qui se rencontrent périodiquement pour négocier: l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, le Japon, la Jordanie, le Maroc, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Suisse et l'Union européenne. L'absence de publicité des négociations suscite de vives critiques, les dispositions du nouvel accord s'annonçant bien plus complètes et restrictives que celles déjà prévues par l'ADPIC, négocié à la fin du cycle d'Uruguay du GATT en 1994.

jeudi 4 mars 2010

Quand un petit pays du Sud donne une leçon au Nord : le projet ITT en Equateur. La parole est à Matthieu, l´image à Canal...

Nous avions prévu la mise en ligne de ce billet demain, mais comme une émission est vouée à ce sujet ce soir sur canal +, en avant... A NE PAS MANQUER !
Diffusion le 3 mars à 22H15 sur canal + : Une idée simple...
Rediffusion dimanche 07 mars 2010 à 03h05

Par Matthieu le Quang

"L’Equateur est un pays pauvre doté d’une immense biodiversité mais en même temps dépendant des ressources générées par l’exploitation pétrolière. Ce petit pays est en train de faire un appel au reste du monde afin d’avoir l’appui de pays et de citoyens responsables pour réussir la transition vers un modèle de développement plus soutenable et une économie post-pétrolière. En effet, le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) est une des initiatives du gouvernement équatorien afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il s’agit de ne pas exploiter quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní, une réserve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversités dans le monde. L’exploitation de ce pétrole lourd, de 14 degrés API, pourrait rapporter à l’Etat entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix d’environ 70 dollars le baril).

L’Equateur possède une économie basée principalement sur la rente du pétrole. Il faut bien se souvenir que le pétrole représente 22,2% du PIB, 63,1% des exportations et 46,6% du Budget Général de l’Etat, pour l’année 2008. Les réserves de l’ITT représentent environ 20% des réserves totales connues dans le pays. C’est donc une manne financière dont un pays aussi pauvre que l’Equateur ne peut se passer. Pourtant, la proposition du gouvernement équatorien est de ne pas exploiter ces réserves. Mais en échange, l’Equateur, en partant du principe de co-responsabilité pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution à hauteur de 50% de la manne financière dont il pourrait disposer s’il exploitait ce pétrole. C’est une proposition qui vise à lutter contre le réchauffement climatique et contre la perte – sans possibilité de retour – d’une très riche biodiversité, à empêcher l’émission d’environ 410 millions de tonnes de CO2, à freiner la déforestation et la pollution des sols, ainsi que la détérioration des conditions de vie des habitants de la région. Les fonds obtenus par l’initiative seront destinés principalement au changement de la matrice d’offre énergétique et productive, réduisant l’utilisation de combustibles fossiles en les substituant par des formes renouvelables d’énergie hydraulique, géothermique, éolienne ou solaire. Ils serviront aussi à la protection et à l’administration efficiente de 40 Aires Protégées et Territoires indigènes (dans le parc Yasuni, vivent des peuples libres en isolement volontaire : les Tagaeri, les Taromenane et les Oñamenane), à la reforestation d’un million d’hectares ainsi qu’à l’investissement dans l’éducation, la santé, l’habitat et dans la création d’emplois dans des projets en accord avec les besoins des populations locales. Et tout cela, en harmonie avec la nature c’est-à-dire en dépassant le caractère principalement extractif de l’actuel modèle de développement qui dépend de l’exploitation du pétrole et des forêts. Avec ce projet ITT, le gouvernement équatorien veut montrer le nouveau modèle de développement que doit suivre le pays. Ce modèle est basé sur le respect des droits de la nature, l’équité sociale et l’utilisation de manière soutenable des ressources. Cette nouvelle vision implique de rompre avec la vision anthropocentrée du développement et ainsi, constitue un grand défi dans le contexte mondial actuel. De cette manière, le développement économique de l’Equateur ne dépendra plus du sacrifice du patrimoine naturel du pays en l’aidant à la transition d’une économie extractive, basée sur l’exploitation du pétrole, vers un modèle soutenable de développement avec un large emploi de sources renouvelables d’énergie respectant la biodiversité et l’équité sociale."

jeudi 26 novembre 2009

Une autre bonne raison de les boycotter définitivement ou "comment les multinationales échappent à l´impôt"

Un texte pertinent (traitant d´un sujet que nous connaissons bien) introduisant une émission de France 3 qui l´est tout autant.
Par Seb Musset via Voter avec son Caddie

"Les paradis fiscaux se portent bien et permettent toujours aux multinationales de baisser honteusement leurs impôts. Seb Musset nous explique comment elles y parviennent :

Lundi 16 novembre, l’émission Pièce à conviction a, pour la première fois à ma connaissance, expliqué de façon intelligible et à une heure de grande écoute le mécanisme des prix de transfert.
Les prix de transfert permettent aux compagnies multinationales de se gaver avant même que leurs produits ne soient mis en vente.

Ultra libéralement simple :

1 / Une entreprise française, appelons-la kipositive, fait fabriquer un t-shirt par un môme dans un sweat-shop asiatique. Coût unitaire : 0,10 centimes.

2 / Au lieu de le vendre directement à sa filiale dans le pays final de distribution 10 euros, kipositive se revend le tee-shirt à elle-même 1 euro dans une filiale off-shore. C’est une ligne comptable, le tee-shirt n’y transitera jamais. (Contrairement à ce que vous dit votre Monarque , les paradis fiscaux se portent mieux que jamais.)

3 / La filiale le revend à son tour à sa boutique française : 10 euros. Comme la filiale propriétaire est située dans un paradis fiscal, elle n’est pas imposée sur le bénéfice de 9 euros.

4 / Vous achetez le tee shirt 15 euros dans un centre kipositive : «oauh la vache trop pas cher le tee-shirt X-men ! » (vous le payez 150X le prix, l’état se prend 20% de TVA et l’entreprise n’est quasiment pas imposée. Et puis ça fait bosser des caissières, enfin plus pour longtemps.)

5 / 90% des sociétés du CAC40 profitent de ce système afin de détourner des milliards d’impôts (chiffre impossible à savoir : Bercy ne veut rien laisser filtrer). Dans le même temps, l’état en déficit ferme 182 blocs opératoires pas assez rentables et taxe les indemnités des accidentés du travail , histoire d’économiser une poignée de millions sur votre (mal de) dos.

6 / Dans cette équation quasi-mafieuse adossée sur la complaisance des gouvernements occidentaux au premier desquels le nôtre, la boutique et ses salariés ne sont qu’un prétexte. On expliquera alors mieux certaines fermetures de magasins de chaîne.

L’émission de France 3, remplissant une véritable mission de service public, est visible ici".

Article original avec tous les liens qui vont bien.

vendredi 13 novembre 2009

Pour que l'Olympique Lyonnais reste à Gerland...

Grand stade de Lyon t hsirt équtable Gerland QuatRues
La Pétition proposée par l’association "Déplacements Citoyens" pour que l’O.L. reste à Gerland est soutenue par 30 associations.

Les arguments ne manquent pas pour justifier la sauvegarde du stade de Gerland afin qu´il reste le stade de l´Olympique Lyonnais (1). Cependant, nos motivations pour le relais de cette pétition sont plutôt d´ordre environnementales et relatives aux finances, points repris dans l´extrait ci-dessous.

Extrait de la lettre adressée à Monsieur Gérard COLLOMB Président du Grand-Lyon :
"...Or, les infrastructures publiques à réaliser (plus de 300 millions pour un équipement utilisé seulement 25 à 30 jours par an) coûteraient presque aussi cher que le stade lui-même, ce qui serait au détriment d’autres projets bien plus utiles aux habitants de notre agglomération. Et malgré cela, l’accessibilité du stade resterait très mauvaise, ce qui nuirait à sa fréquentation. Selon l’O.L., il nécessiterait 17000 places de parkings, alors que le Stade de France, bien desservi par RER et métro, ne nécessite que 6000 places pour 80 000 spectateurs. Le bilan d'un Grand-stade à Décines serait en réalité désastreux : énorme gaspillage de fonds publics au profit essentiel de l’O.L., forte augmentation de la circulation routière et des embouteillages, et donc des pollutions sonores et atmosphériques et des émissions de CO2..."

Pour lire l´ensemble de la lettre et signer la pétition, c´est par ici.
Pour imprimer sur papier afin de la faire tourner, c´est par là.
Enfin, et pour vous amuser un brin, vous pouvez trouver à cette adresse les réponses de différents cabinets, ministériels et présidentiel. Vous découvrirez ainsi leur passion commune du "je fais passer la patate chaude à mon voisin"... Arf...

(1) A quand des maillots bio-équitables pour les joueurs de Lyon... Nous pouvons d´ailleurs leur faire un superbe visuel engagé... S´ils acceptent la suppression de certains sponsors bien sûr ! ^^

samedi 21 juin 2008

Vincent Cheynet de "Casseur de pub" à Mornant (69)

Casseur de pub Vincent Cheynet Quat'rues
"Salut à tous,
C'est le dernier repaire avant les vacances et nous vous proposons de venir échanger avec Vincent Cheynet sur la décroissance ,vers une société plus harmonieuse.
Mais qui est Vincent: Biographie de l'auteur
Vincent Cheynet est né en 1966. Parallèlement à des engagements associatifs et politiques, il a été pendant une dizaine d'années directeur artistique dans une multinationale de la publicité avant de se retourner contre son ancien métier. En 1999, il fonde l'association et la revue Casseurs de pub. En 2003, il créé le journal La Décroissance, le journal de la joie de vivre, un mensuel dont il est le rédacteur en chef.
Alors sympa pour nous aider à franchir le pas, venez nombreux"

Ce repaire est le 30 juin à Mornant (69) à 19 heures
sur la place des platanes coté p'tit bistrot
Contact: Christian au 06 30 14 67 24

samedi 19 avril 2008

Loire et Rhône "de ferme en ferme"

Martial a la parole-Quat´rues
Par Martial
'Loire en Rhône de Ferme en Ferme' est une opération de promotion des agriculteurs et de leurs savoir-faire. Elle se déroule sous forme de portes ouvertes dans les fermes durant le dernier week-end d'avril, les 26 et 27.
Le public est invité à visiter, découvrir et déguster gratuitement les produits des agriculteurs.
Occasion privilégiée de rencontre entre producteur et consommateur sur le lieu même de production, 'La France de Ferme en Ferme' est une opération unique en Europe, de part son envergure, son organisation et la qualité des prestations des agriculteurs pendant ces deux jours.
Cette année, 52 fermes du Rhône et de la Loire participent à l'opération. Parlez-en autour de vous....

Pour retrouver les lieux participants en Rhône-Alpes et ailleurs, le site "De ferme en ferme"

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