Village calme et tranquille des monts du Lyonnais
, Soucieu en Jarrest, capitale de la pêche de vigne, est entouré d’arbres fruitiers de toutes sortes. Poiriers, pommiers, cerisiers, pêchers.
C'est ici que se perche le siège (enfin le local !) de Quat’rues, vêtements équitables, bio aux visuels engagés.
On trouve dans cette région une faune et une flore variées, peut-être même encore un peu épargnées par le béton omniprésent des grandes villes avoisinantes, Lyon et Saint-Étienne.

Ce calme et cette biodiversité sont aujourd'hui menacés par un projet qui prend forme : l'autoroute A45.

Les faits

Selon un courrier qu’il a adressé récemment au préfet de la Loire Bernard Bonne, Nicolas Sarkozy a demandé à ses ministres du transport et du développement durable (Thierry Mariani et Nathalie Kosciusko-Morizet) « de faire lancer l’appel d’offres européen de mise en concession de l’A45, et ce sans délais ».

L'autoroute A45 est prévue pour doubler une autoroute existante, l'A47, entre Saint-Étienne et Lyon. Elle est réclamée par nombre de chefs d’entreprise lyonnais et stéphanois qui considèrent l’actuelle infrastructure insuffisante.
Ce projet a été demandé suite à l’absence de pertinence du projet d’élargissement de l’autoroute A47 et serait une alternative pour éviter les nombreux accidents graves et le trafic élevé de celle-ci.

Pourtant...

Pourtant, les conclusions envoyées par le préfet de Région, Jean-François Carenco, à la ministre de l’Écologie et au ministre des Transports, expliquent que l’A45 ne constitue pas « une réponse satisfaisante face aux besoins des transports et à la saturation des trafics au sud-ouest de Lyon », estimant que l’arrivée sur Lyon « reste un problème non résolu ».
En effet, l'A45 aboutirait dans l'agglomération lyonnaise au niveau de Pierre-Bénite/Feyzin dans une zone Seveso très dangereuse déjà engorgée chaque matin et chaque soir par la circulation, et ce malgré des travaux d’élargissement déjà réalisés.

Pourtant, le projet avait été jugé irréalisable et beaucoup trop cher par l'audit technique et financier commandé par le gouvernement Raffarin au printemps 2003, qui en préconisait d'ailleurs l’abandon.

Pourtant, l'A45 serait une catastrophe sur le plan environnemental, agricole et économique pour les zones traversées.
C’est plus de 400 hectares qui seront enlevés à des zones fruitières, maraîchères, viticoles ou naturelles protégées. L'agriculture de toute une région serait même sinistrée sur une bande de 8 à 10 kilomètres de largeur à cause de la pollution propagée par les gaz d'échappement.

D’autres solutions existent

Si un élargissement reste difficile, une requalification de l'A47 reste possible, et permettrait d'améliorer la sécurité et le trafic : création de bandes d'arrêt de sécurité, allongement des bretelles d'accès, modulation de la vitesse selon le trafic.
L'A45 pourrait ainsi avantageusement être remplacée par une série de travaux sur I'A47 existante entre Givors et Saint-Chamond (cela a déjà été fait en amont de Saint-Chamond lorsque Saint-Etienne a été retenue pour les matchs de la coupe du monde de football en 1 998. Ces travaux importants étaient jugés impossibles quelques années auparavant).
De plus, l'A47, qui traverse la ville de Givors, est une véritable catastrophe écologique et humaine. Des travaux d’enfouissement de l'A47 permettraient d’enfin préserver la ville et ses habitants.

Cette requalification va de paire avec le développement de l'offre ferroviaire afin de faire baisser le trafic routier sur cet axe. Les études démontrent qu'avec la mise en place d'un véritable RER entre Saint-Étienne et Lyon (avec prolongation vers l'Aéroport Saint-Exupéry), on pourrait sans difficulté faire circuler plus de 100 000 voyageurs par jour. Ce qui est bien plus que la capacité de l'A45.


Cette requalification de l’A47 et l’amélioration de l’offre ferroviaire, permettraient ainsi d’abandonner le projet de l’A45.
Cela demanderait certes à certains usagers de changer leurs habitudes (transports en commun, covoiturages) afin de rendre la circulation entre Saint-Etienne et Lyon plus fluide et plus sécurisée.

Abandonner ce projet sans pertinence, c'est éviter de défigurer le plateau Mornantais en traversant plusieurs lieux emblématiques de la région et en anéantissant plusieurs espaces naturels sensibles.
Même sans être écolo convaincu, il n’est pas difficile de comprendre que l’A45 est un projet autoroutier polluant et inutile.
A moins d'être en campagne électorale !


En savoir plus :
Mes arguments contre l'A45
Sauvegarde des Monts du Lyonnais
Pétition