Alors que la fête battait son plein dans notre commune de Soucieu en Jarrest et que nous célébrions Georges Brassens lors du "7ème festival des fils de Georges", un jeune homme était condamné pour l'avoir chanté. Voici les faits :

1) Dans la nuit du 24 juillet 2009, un Rennais avait chanté "Hécatombe", de Georges Brassens, chanson dans laquelle il est question de « mégères gendarmicides ». Bien mal lui en a prit, car son public, trois policiers, ont très moyennement apprécié. Le fan de Brassens fut alors interpellé.
Le prévenu a été condamné le 27 mai dernier à un travail d’intérêt général de 40 heures. Il devra aussi verser 100 € à deux policiers.

2) Pour contester cette condamnation et manifester leur soutien au jeune homme de 27 ans, une trentaine de personnes de Toulouse se sont rendues mercredi dernier devant le commissariat central de la ville et ont entamé les paroles d'"Hécatombe".
Le mouvement de soutien s'est soldé par l'interpellation des 29 choristes de "La Canaille du Midi" pour outrage à agents dépositaires de la force publique.

Nous sommes en droit de nous demander s'il est désormais interdit de chanter ? De chanter, qui plus est, une chanson très largement diffusée. Preuve en est, la voici :


Que le jeune homme soit interpellé parce qu'il tombe sur 3 policiers un peu bourrus et dépourvus d'humour, soit.
Mais que la justice le condamne, même symboliquement, énonçant clairement sa culpabilité, cela nous semble plus grave. Et que les 29 personnes, décidées à le soutenir pacifiquement en chanson, soient interpellées, l'est tout autant.

Ce sont des atteintes à la liberté d'expression que nous vous proposons de dénoncer chez vous, en chanson :

Au marché de Briv'-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon
A pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée

Or, sous tous les cieux sans vergogne
C'est un usag' bien établi
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie
Ces furies perdant tout' mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol

En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber
Moi, j'bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'exitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: "Hip, hip, hip, hourra!"

Frénétiqu' l'un' d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier: "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie!"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elle serre comme un étau

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée
Ils tombent, tombent, tombent, tombent
Et s'lon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas