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mercredi 11 mars 2015

Zara n'est pas Zorro

Zara n'est pas zorro
Nous y voilà.
Zara, tapie dans l’ombre, attendait de voir si la « petite » prise de risque de ses concurrents payait. Il semblerait que oui.

Ainsi donc, tout comme H&M ou C&A, Zara se lance dans une gamme de produits en coton biologique. Et vous allez en entendre parler. La machine est déjà lancée, appelant les innombrables blogueurs-mode à claironner sur tous les fronts que ça y est, nous y sommes, cette nouvelle que nous attendions tous : Zara nous habille en coton bio !

Du coton biologique. Oui mais en quelle quantité ?
Curieux que nous sommes, nous avons cherché à savoir combien de produits, sur les millions confectionnés par Zara chaque année, sont en coton biologique.
Sans succès.
Nous sommes prêt à parier notre t-shirt bio ET équitable (on en a tout le tour du cou) qu’il s’agit là d’un pourcentage très faible. Dire que Zara fait du 100% bio sur 1% de ses articles ne doit pas être loin de la vérité.

Conséquence – la marque vend des produits en coton biologique très bon marché et marge très peu sur ce 1% de produits, mais elle se rattrape largement avec les 99% autres - suffit à Zara d'oublier ces 99% dans son plan de communication et d'asséner tous azimuts qu’elle se lance à corps perdu « dans une politique de développement durable ».
Cette communication massive fait du tort aux marques 100% bio, comme Quat’rues, qui n’ont pas les mêmes moyens pour communiquer, et peuvent ainsi voir leur maigre chiffre d’affaire baisser (c’est maintenant que la larme perle sur votre joue).

greenwashing

Bio ne veut pas dire éthique
A en croire Zara et ses partisans, la marque se lance « dans une production de textile beaucoup plus éthique tout en restant dans la tendance ».
Faux ! Fabriquer quelques pièces en coton biologique permet d’affirmer dans le cas présent qu’une infime partie de la production est en coton biologique.
Rien de plus.
Cela n’affirme en rien que les ouvriers sont mieux payés. Ils travaillent toujours en moyenne 70h par semaine pour des salaires de 66$ par mois (soit 51 euros).
Ce salaire devrait être 4 fois supérieur pour permettre aux ouvrier(e)s de couvrir leurs besoins de base et ceux de leur famille - alimentation, santé, logement, transport, eau – et malgré l’appel de collectifs tels Ethique sur l’étiquette et Clean Clothes Campaign, (voir campagne “Made in Cambodge : le salaire de la faim”), les faits semblent immuables.

Les géants du vêtement commercialisent toujours des produits fabriqués dans des conditions déplorables mais font preuve d'une extrême habilité en terme de greenwashing.
En vendant 1% de produits 100% bio et en communiquant uniquement là-dessus, ils attirent une clientèle désireuse de mieux consommer sans trop fouiller.

A nous alors, clients potentiels, de prendre conscience que ce produit bio pas trop bon marché est le fruit du labeur d’ouvriers sous-payés, et qu’il est commercialisé parmi de nombreux autres produits en coton conventionnel (parfois même toxiques), vendus avec des marges ahurissantes.
A nous de comprendre que Zara n’est pas Zorro et qu’H&M n’a pas de conscience, même représenté par Vanessa.
A nous d’orienter notre acte d’achat vers des produits en coton biologique un brin plus chers, mais vendus le prix juste - celui de la cohérence et de l'éthique - permettant aux fabricants de vivre dans des conditions décentes !

mercredi 21 janvier 2015

Partager la vie de travailleurs textile au Cambodge

reportage Cambodge textile
Nous vous parlions des collections "conscious" de H&M il y a 2 ans quasi jour pour jour.
3 fans de mode, inconditionnels de la marque et d'autres grandes enseignes, sont allés voir le quotidien des travailleurs. Il en résulte 5 épisodes que vous pouvez visionner ici.
(Ils n'ont pas eu le droit d'énoncer le nom des marques dans le reportage - l'une d'elle va dénoncer cette interdiction - source blog de Mr Mondialisation).

Il semblerait que ces jeunes gens ne soient pas de sitôt près à retourner acheter chez ces enseignes qui n'hésitent pas à faire travailler des gens dans des conditions déplorables, au nom du profit à tout prix.
Réprimant même parfois des grèves dans le sang.
Peut-être même orienteront-ils désormais leurs choix vers des marques éthiques ?

H%M collection inconsciente et menteuse

vendredi 25 janvier 2013

H&M se paye Paradis – L’Enfer pour ses employés

Vanessa Paradis H et M Conscious
« Le géant suédois H&M a annoncé, mardi 22 janvier, avoir enrôlé l'actrice et chanteuse française Vanessa Paradis pour incarner sa collection Conscious 2013, composée de pièces bohèmes éco-responsables. »

Vous n'avez pu échapper à cette information collée à chaque coin de page cybernétique depuis le début de semaine.

Ainsi donc, H&M se paye les services de Vanessa Paradis. Nous avons cherché le montant de la note, sans succès aucun. Peu probable cependant que la chanteuse ait fait les choses gracieusement.
Une recherche faite non pas par plaisir, mais parce que faire le parallèle entre son salaire et celui des salariés à l’autre bout de la chaine peut sembler intéressant. Important même.

En effet, il y a 3 mois de cela, les collectifs Ethique sur l’étiquette et Clean Clothes Campaign lançaient la campagne “Made in Cambodge : le salaire de la faim”.
Le but : exiger des marques textiles se fournissant au Cambodge le versement d’un salaire vital à ses employés. En plus d'H&M, trois grandes marques étaient visées (Zara, Gap et Levi’s).

Car en 2011, pas moins de 2 400 employés se sont évanouis dans les usines de confection au Cambodge. Les ouvriers travaillent en moyenne 70h par semaine pour des salaires de 66$ par mois (soit 51 euros).
Résultat : ils ne peuvent se nourrir correctement et vivent dans des conditions misérables. (Voir aussi l’appel lancé par Peuples Solidaires)
Ce salaire devrait être 4 fois supérieur pour permettre aux ouvrier(e)s de couvrir leurs besoins de base et ceux de leur famille : alimentation, santé, logement, transport, eau.



Mais leur sacrifice n’est pas vain. Du moins il profite à beaucoup.


A Vanessa déjà. Mais que se passe t’il donc ? Vanessa ? Vous, égérie de la marque H&M ? Vous qui avez su vendre du rêve à des milliers de jeunes filles en fleur, chantant votre Divine Idylle au bras du beau Johnny.
L'idylle est finie mais est-ce une raison pour essayer de les faire rêver sous ce nouvel angle ?
Et de justifier votre acte : « J'aime prendre part au concept de la Conscious Collection de H&M. Je fais de mon mieux pour faire mes achats "consciemment"».

Parlons-en justement de cette collection consciencieuse !
Le terme employé d’abord. « H&M Conscious » ! Le géant du vêtement appelle ses clients à se donner bonne conscience en achetant des produits écolo (?)... fabriqués dans des conditions déplorables.
Le coton bio ensuite, (si tel est toujours le cas – le mot n’est plus employé dans le laïus concocté par la marque, préférant cette année le terme « eco-responsable) la belle affaire ! H&M, à l´instar de ses compères adeptes du greenwashing, n’hésite plus à avoir quelques produits en coton biologique en rayon. Oh, 3 fois rien ! Il s´agit là de même pas 2% de leur stock annuel. Mais que c’est efficace pour attirer une clientèle désireuse de mieux consommer sans trop fouiller ! Et une égérie désireuse de prendre part au concept !

Ainsi donc, le sacrifice profite aussi, largeeeeeeeeement, à H&M.

Reste nous. Les clients. Pour qui ce sacrifice s'avère payant aussi. Nous pouvons, grâce à ces braves ouvriers sous-payés, glisser un produit bio (s´il ne fait pas parti de ceux de l´affaire des traces d’OGM décelées dans le coton bio) pas trop cher dans notre panier, au milieu de nombreux autres produits en coton conventionnel, vendus avec des marges ahurissantes.
Ces marges permettant à H&M de sortir une armada de commerciaux vantant les mérites écologiques de la marque. Et d'embaucher une égérie désireuse de prendre part au concept !

Mais nous pouvons aussi ne pas le faire. Oui, oui, oui ! Nous ne sommes pas des moutons. Non, non, non ! Nous avons le pouvoir... de ne pas nous faire pigeonner (ou moutonner).
Et de payer nos slips et nos t shirts bio plus chers, conscients que c'est le prix juste, celui permettant aux fabricants de vivre dans des conditions décentes !

jeudi 7 avril 2011

H&M, (un)conscious collection - Questions au collectif "Ethique sur l'étiquette"


Nous avions rédigé courant février un billet mettant en parallèle la collection dite éthique d'H&M - surnommée "(un)conscious collection" pour l'occasion - et ses agissements (qui le sont beaucoup moins) dans ses usines de productions (voir le billet H&M, collection inconsciente... ).
Si les relais du billet et les réactions ont été relativement nombreuses, une question reste en suspend : Comment, alors que cette collection sort courant avril, relayer cette information auprès d'un plus large public afin d'éviter que de tels agissements se perpétuent ?

C'est donc tout naturellement que nous nous tournons vers le collectif Ethique sur l’étiquette pour leur poser la question.

Créé en 1995, ce collectif regroupe des associations de solidarité internationale, de collectivités locales, des syndicats, des mouvements de consommateurs et des associations d’éducation populaire.

Leur but premier est d’agir en faveur du respect des droits humains au travail dans le monde et de la reconnaissance du droit à l’information des consommateurs sur la qualité sociale de leurs achats.
Le collectif, branche française du réseau européen Clean Clothes Campaign, demande ainsi aux entreprises présentes en France et aux grandes marques françaises et internationales de veiller aux conditions de production des marchandises qu’elles commercialisent.
L’action du collectif se concentre sur les secteurs à forte intensité de main d’œuvre, comme le textile, les jouets ou les articles de sport. Depuis sa création, des avancées notables ont eu lieu en France, même si, de leur propre aveu, elles sont encore insuffisantes.

Voici le mail que nous leur avons adressé ce matin même afin de savoir si la marque H&M prend vraiment ses clients pour des pigeons en lançant courant avril sa « Conscious collection » ? Et surtout, car nous pensons que la réponse est oui, que faire pour en informer le plus grand nombre ?

"Bonjour,

Co-gérant d'une entreprise de vêtement équitable et bio, Quat'rues, je me permets de vous écrire car je suis à la recherche de réponses vis à vis de cette grande entreprise qui n'est plus à présenter, H&M.
En effet, cette marque sort courant Avril une collection appelée "Conscious collection". Elle justifie ce nom par l'emploi de coton biologique pour la fabrication des vêtements. Si cette action est louable, il en est d'autres qui le sont moins.
En effet, H&M (entres autres) est par ailleurs dénoncé pour licenciement abusif au Cambodge par Peuples solidaires. 318 salariés Cambodgiens ont en effet été licenciés pour avoir demandé un salaire vital. Vous pouvez retrouver l'ensemble de ces informations sur ce billet : H&M, collection inconsciente...

Ces salariés semblent avoir été licenciés en septembre 2010, période à laquelle vous vantiez les mérites d'H&M pour l'arrêt de sablage de leurs jeans. Si noter les avancées positives est plus que nécessaire, n'est il pas tout aussi important de mettre en avant ce type de comportement ?
En effet, appeler sa collection "Conscious" tout en agissant de la sorte dans ces usines de production relève de la schizophrénie.

J'en viens donc à mes questions :
- Avez-vous entendu parler de ceci ? Si oui, avez-vous d'autres éléments à m'apporter ?
- Pensez-vous relayer l'information ? (j'ai cherché sur votre site et n'ai rien trouvé... mais peut-être m'y suis-je mal prit)
- Quelles sont d'après vous les actions concrètes à mettre en place pour, si ce n'est dénoncer, informer un maximum de personnes.

Je vous remercie d'avance pour vos réponses. Ces questions sont davantage pour comprendre que pour dénoncer. De par mon emploi, je me sens en effet plus que concerné par les tentatives de greenwashing dans le monde de l'habillement. Et cela y ressemble bel et bien.

Cordialement"

Suite au prochain épisode...

jeudi 10 février 2011

H&M, collection inconsciente... ou comment prendre ses clients pour des pigeons

H%M collection inconsciente et menteuse
Si vous avez jusqu´à présent échappé au relais fort médiatisé (sur le web du moins) de la très prochaine collection H&M en coton bio, alors laissez-nous vous la présenter à notre manière.
Si vous êtes déjà convaincus
des bienfaits de cette collection « H&M Conscious », nous vous invitons à lire deux fois ce billet.

Ainsi, voici ce que vous pouvez lire sur de nombreux sites et blogs (non consacrés au développement durable habituellement… ou mal consacrés) ces derniers jours (Les textes sont généralement les mêmes, copier/coller):
« H&M signe une nouvelle fois, une collection respectueuse de l’environnement « H&M Conscious ». Depuis 1995, la marque se soucie de la planète et propose à ses consommateurs des pièces en coton bio... blablabla... »

Du coton bio, la belle affaire ! H&M, à l´instar de ses compères la Redoute, Monoprix et autres gros adeptes du greenwashing, a depuis longtemps compris qu´avoir quelques produits en coton biologique en rayon peut permettre d´attirer une clientèle désireuse de mieux consommer sans trop fouiller (il s´agit là de même pas 1% de leur collection complète).
Ces clients glissent donc un produit bio (s´il ne fait pas parti de ceux de l´affaire des traces d’OGM décelées dans le coton bio… qui fut bien moins médiatisée que la collection à venir) dans leur panier, au milieu de nombreux autres produits en coton conventionnel, vendus avec des marges ahurissantes, et permettant à H&M de sortir une armada de commerciaux vantant les mérites écologiques de la marque.

Mais bien difficile de blâmer ces clients lorsque l´on voit la tactique employé par la marque.
Car le pire dans cette collection, c´est bien le nom qu´elle porte ! « H&M Conscious » !. Autrement dit, le géant du vêtement appelle ses clients à se donner bonne conscience en achetant des produits écolo.

Et bien nous vous invitons

à lire et signer l´appel lancé par Peuples Solidaires, qui explique comment 318 salariés Cambodgiens ont été licenciés pour avoir demandé un salaire vital. Vous y verrez le nom d´H&M - un des plus gros clients de l’industrie de l’habillement du Cambodge - cette même marque qui ose, sans complexe aucun, sortir en avril prochain une collection appelée « H&M Conscious ».

Voilà une marque (et ce n´est pas la seule) qui prend vraiment ses clients pour des pigeons. Se faire vendre du coton bio qui n´en est pas (toujours) par une marque sans conscience morale qui vous demande d´en avoir une.
C´est à la limite du concevable d´imaginer une telle chose possible, un tel maque de respect! Et bien si, H&M le fait (et la chose se répète inlassablement de plus en plus un peu partout).

Comment nous, les petits, travaillant dans le respect de démarches éthiques et environnementales réelles, pouvons-nous faire face à ces gros exploiteurs adeptes du greenwashing et disposant de moyens de communication énorme ?
La question reste en suspend…

Déconsommation visuel engagé Quat'rues Visuel "déconsommation" - T shirt équitable et bio Quat´rues

Lire aussi :
La journée avait bien commencé
Comment le pouvoir de l´argent fait la nique à la cohérence...