« Des substances chimiques susceptibles de provoquer des cancers et d'agir comme perturbateurs endocriniens, déréglant le fonctionnement hormonal et impactant les fonctions reproductives », ça vous branche ?

Des wagons de ces charmantes petites bêtes ont été détectés dans les rayons de vingt marques de prêt-à-porter. C'est la conclusion établie par Greenpeace dans un rapport intitulé Les dessous toxiques de la mode, rendu public mardi 20 novembre.


L'ONG de défense de l'environnement a identifié des liens entre un certain nombre de grandes marques du textile et les usines textiles en Chine qui déversent des produits chimiques dangereux dans les rivières. Pas moins de 70 % des rivières, des lacs et des réservoirs en Chine sont touchés par cette pollution des eaux.

Pour mener son enquête, Greenpeace a acheté, dans 29 pays différents, 141 produits textiles de tous types. Elle a ensuite soumis ces textiles (vendus par des enseignes connues et reconnues de la mode, comme Zara, Calvin Klein, Mango, Tommy Hilfiger), à des analyses.


Résultats :

- 63 % des articles contiennent des éthoxylates de nonylphénols, composés chimiques fréquemment utilisés comme tensioactifs, notamment détergent et imperméabilisant, dans la production de textiles.

Si ces vêtements ne se révèlent pas dangereux au contact, ils le deviennent une fois lavés. Les NPE se dégradent en effet dans l'eau en nonylphénol (NP), considéré comme un perturbateur endocrinien et classé comme substance dangereuse prioritaire par l'Union européenne. Ce sous-produit toxique peut, à terme, s'accumuler dans les sédiments des rivières puis dans la chaîne alimentaire par l'intermédiaire des poissons ou des champs.

- Des phtalates ont été détectés dans 31 articles comportant des impressions "plastisol". Or, les phtalates migrent facilement dans l'environnement lors des lavages ou en fin de vie des produits. On peut les retrouver dans les denrées alimentaires ou les nappes phréatiques, et donc dans les tissus humains, le sang et les urines, rappelle le rapport.

- Enfin, deux articles de la marque Zara contenaient des colorants azoïques qui peuvent libérer des amines cancérogènes.

 

L’ONG demande aujourd’hui aux marques de promouvoir un futur sans produits toxiques et de collaborer avec tous leurs fournisseurs afin d’exclure les produits chimiques dangereux de leur chaîne d’approvisionnement et de leurs produits.

Cette accumulation de substances chimiques toxiques dans l’environnement menace à la fois durablement la santé des habitants vivant à proximité des usines textiles, dans les pays en développement, mais aussi l'environnement des pays de consommation comme la France.

 

Alors que de grandes marques  se sont déjà engagées à nettoyer leurs chaînes d'approvisionnement, Zara, l'un des plus gros vendeur de prêt à porter du monde reste silencieux.

Greenpeace nous propose de rejoindre la campagne Detox, demandez à ZARA d'éliminer toutes les substances toxiques de sa chaîne de production.



Sources :
Le Monde, le rapport Greenpeace et l'ami Wiki.

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