« Métro-boulot-dodo ».

Trois petits mots qui, tellement entendus et remâchés, résonnent comme une boutade, un clin d’œil à l’humanité pressée et perturbée.

Mais pas nous. Non, non, non. Pas nous !

 

Et pourtant…

Ne sommes-nous pas non plus bercés par cette litanie de sacro-saints mots, qui régulent notre vie, ainsi que celles de milliards d’énergumènes peuplant la Grande Bleue ?

Ne nous levons-nous pas 5 jours par semaine, 47 semaines par an, non pas par plaisir, mais pour raccrocher notre wagon à cette loco-motivation commune, cette volonté de faire tourner le monde comme certains, une poignée, l’ont décidés ?

Ne rappelons-nous pas quotidiennement à nos chérubins l’importance de se faire une place de choix dans notre société ?

N’avons-nous pas votés dans l’espoir que le nouveau maître à penser nous façonne un monde meilleur, où l’argent reste Roi, sécurisant et décidant de tout ?

 

Que voulez-vous !

Ce n’est pas que nous soyons égoïstes, mais il est tellement important de mettre notre descendance à l’abri du besoin. Ce n’est pas nous qui choisissons. Ce sont les règles établies. L’€uro-régisseur de nos vies ne nous laisse que peu de temps. Acceptons le fait et le rythme imposé.

Ne nous laissons pas happer par ces nouvelles alternatives proposées par quelques utopistes cinglés et fainéants. Manger local, trier ses déchets, s’habiller équitable, développement soutenable, covoiturage, énergies vertes. Balivernes. Tous ces charlatans avides de solidarité sont condamnés à vivre en autarcie, loin du monde et de ses réalités, souvent pas bien loin de la pauvreté eux-mêmes. Regardons les choses en face.

 

Aide-toi et le ciel t’aidera. Aide ton prochain, il te chiera dans la main. Car que veut-il, le prochain ? Celui qui vit à deux heures d’avion de chez nous - et parfois bien plus près – dans des conditions déplorables que mêmes nos chiens n’en voudraient pas. Que veut-il ? Soyons lucide ! Notre place. Il veut notre place !!!

Il veut pouvoir, comme nous, en toute quiétude, acheter des vêtements de marques sans avoir à rendre de compte à personne – surtout pas à son patron qui le fait bosser 12 heures par jour pour un salaire de misère.

Il veut pouvoir, comme nous, prendre des vacances bien méritées en même temps que tout le monde, avachit sur une plage surpeuplée, se goinfrant de fruits bio importés de l’autre bout de la planète.

Il veut pouvoir, comme nous, conduire son 4*4 en ville, seul, pépère, et vider le contenu de son cendrier par la fenêtre si ça lui chante.

Il veut notre vie !

Et penserait-il à nous, alors, si les rôles étaient inversés ? Pensez-vous…

 

Alors, soyons raisonnables et cessons de penser qu’il pourrait y en avoir pour tous. Il n’y a pas de riches sans pauvres. C’est eux ou nous.

Ne nous blâmons pas. Bordel !!!


         "La part du gâteau" - Visuel Quat'rues