Zara n'est pas zorro
Nous y voilà.
Zara, tapie dans l’ombre, attendait de voir si la « petite » prise de risque de ses concurrents payait. Il semblerait que oui.

Ainsi donc, tout comme H&M ou C&A, Zara se lance dans une gamme de produits en coton biologique. Et vous allez en entendre parler. La machine est déjà lancée, appelant les innombrables blogueurs-mode à claironner sur tous les fronts que ça y est, nous y sommes, cette nouvelle que nous attendions tous : Zara nous habille en coton bio !

Du coton biologique. Oui mais en quelle quantité ?
Curieux que nous sommes, nous avons cherché à savoir combien de produits, sur les millions confectionnés par Zara chaque année, sont en coton biologique.
Sans succès.
Nous sommes prêt à parier notre t-shirt bio ET équitable (on en a tout le tour du cou) qu’il s’agit là d’un pourcentage très faible. Dire que Zara fait du 100% bio sur 1% de ses articles ne doit pas être loin de la vérité.

Conséquence – la marque vend des produits en coton biologique très bon marché et marge très peu sur ce 1% de produits, mais elle se rattrape largement avec les 99% autres - suffit à Zara d'oublier ces 99% dans son plan de communication et d'asséner tous azimuts qu’elle se lance à corps perdu « dans une politique de développement durable ».
Cette communication massive fait du tort aux marques 100% bio, comme Quat’rues, qui n’ont pas les mêmes moyens pour communiquer, et peuvent ainsi voir leur maigre chiffre d’affaire baisser (c’est maintenant que la larme perle sur votre joue).

greenwashing

Bio ne veut pas dire éthique
A en croire Zara et ses partisans, la marque se lance « dans une production de textile beaucoup plus éthique tout en restant dans la tendance ».
Faux ! Fabriquer quelques pièces en coton biologique permet d’affirmer dans le cas présent qu’une infime partie de la production est en coton biologique.
Rien de plus.
Cela n’affirme en rien que les ouvriers sont mieux payés. Ils travaillent toujours en moyenne 70h par semaine pour des salaires de 66$ par mois (soit 51 euros).
Ce salaire devrait être 4 fois supérieur pour permettre aux ouvrier(e)s de couvrir leurs besoins de base et ceux de leur famille - alimentation, santé, logement, transport, eau – et malgré l’appel de collectifs tels Ethique sur l’étiquette et Clean Clothes Campaign, (voir campagne “Made in Cambodge : le salaire de la faim”), les faits semblent immuables.

Les géants du vêtement commercialisent toujours des produits fabriqués dans des conditions déplorables mais font preuve d'une extrême habilité en terme de greenwashing.
En vendant 1% de produits 100% bio et en communiquant uniquement là-dessus, ils attirent une clientèle désireuse de mieux consommer sans trop fouiller.

A nous alors, clients potentiels, de prendre conscience que ce produit bio pas trop bon marché est le fruit du labeur d’ouvriers sous-payés, et qu’il est commercialisé parmi de nombreux autres produits en coton conventionnel (parfois même toxiques), vendus avec des marges ahurissantes.
A nous de comprendre que Zara n’est pas Zorro et qu’H&M n’a pas de conscience, même représenté par Vanessa.
A nous d’orienter notre acte d’achat vers des produits en coton biologique un brin plus chers, mais vendus le prix juste - celui de la cohérence et de l'éthique - permettant aux fabricants de vivre dans des conditions décentes !