Racisme fichage ethno racial QuatRues
SOS Racisme et la délégation interministérielle pour l’Égalité des chances des Français d’outre-mer appellent, dans un rapport rendu public ce mercredi, à renforcer la lutte contre le délit de fichage à caractère ethno-racial et dénonce le manque de collaboration des autorités, ainsi que la notion de statistiques ethniques.

En 2005, SOS Racisme avait déjà publié un rapport dans lequel figuraient de grandes entreprises comme Adecco, Air France, Disneyland, Ikea, Monoprix aux côtés de PME ou d’agences immobilières. Quatre ans plus tard, ces fichiers mentionnant les origines ethniques des candidats à un emploi ou à un logement sont toujours discrètement mis en œuvre pour les sélectionner selon ces critères. Des mentions telles que « blanc, maghrébin, noir ou asiatique », « BBR » (pour Bleu Blanc Rouge) sont notamment utilisées pour les métiers en contact direct avec la clientèle et dans certaines agences d’interim, à la demande des clients.

Si SOS Racisme a connu depuis 2008 plusieurs victoires judiciaires, des obstacles demeurent. Il faut en effet convaincre les victimes de porter plainte, ce qui n’est pas toujours facile. Par peur de représailles, du chômage ou de la longueur d’une procédure judiciaire à l’issue incertaine, certaines d’entre elles préfèrent en effet abandonner.

Ce rapport est publié au moment où le gouvernement entend relancer le dispositif du CV anonyme, aujourd’hui peu pratiqué par les entreprises. S’il figure dans la loi du 2 avril 2006 sur l'égalité des chances, ce dispositif n’a pas été rendu obligatoire, malgré un amendement adopté par le Sénat pour les entreprises de plus de 50 salariés.

Lire le rapport : LE FICHAGE ETHNO-RACIAL = UN OUTIL DE DISCRIMINATION