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jeudi 21 février 2013

Et si d’un T-shirt nait une discussion...

En ces temps troubles et nauséabonds, les banques spéculent, les usines ferment, les étrangers dérangent et la gauche vire à droite.

Le profit à tout prix est la règle d’or, laissant les préoccupations environnementales et sociales au second plan. Voire au dixième, loin derrière les lasagnes à l’équidé et les athlètes suspects.

Et pourtant. Pourtant, malgré cela, nous devons rester optimistes. Garder le sourire. Miser sur l’humour et la dérision. A défaut de rendre le monde meilleur, le voir d’un œil critique, taquin et rigolard le rend plus facile à supporter.

Supporter, non pas accepter. Supporter. S’engager avec le sourire. Choisir sa ou ses causes, son combat pacifique. Et mener ce combat de front, armé de clins d’œil et d’autodérision. Partager un message. Qu’il suscite le débat.

C’est cela Quat’rues. Partager notre engagement sur un support éthique. C’est peu et c’est beaucoup. Trop facile ? Courageux ? Mieux que rien ?

Qu’importe.
Si d’un T-shirt nait une discussion, alors Quat’rues a réussi son pari.

visuel sourire QuatRues

mercredi 13 février 2013

Faim dans le monde - demandez des comptes à votre banque !

tele a chat_visuel engagé QuatRues équitable bio (Visuel Quat'rues "Télé à chat")

Alors même que nous produisons suffisamment pour nourrir tous les habitants de la planète, une personne sur huit souffre encore de la faim dans le monde. Flambée des prix alimentaires, production d’agrocarburants, accaparement des terres : ce sont les populations des pays du Sud qui en paient le prix.

Notre système alimentaire est en panne.
De nombreuses causes sont en jeu mais Oxfam a identifié deux phénomènes qui jouent un rôle déterminant :
- les pics de prix alimentaires qui empêchent d’accéder à la nourriture,
- les accaparements de terre, qui privent les paysans de leurs moyens d’existence.

A qui la faute ? Aux États, qui doivent jouer leur rôle de régulateurs mais aussi aux banques !

Prêts bancaires aux plus gros producteurs européens d’agrocarburants, spéculation sur les matières premières agricoles comme si l’agriculture était une table de casino, ou encore fonds censés être socialement responsables qui sont en fait aussi peu éthiques que les autres...
Les banques françaises, et en particulier BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole ont leur part de responsabilité.

Demandez des comptes aux PDG de ces trois grandes banques pour leur rappeler leur responsabilité !
Et si vous êtes client-e de l’une d’elles, n’hésitez pas à leur dire, votre banque vous doit des comptes !



vendredi 1 février 2013

Demain y aura-t-il toujours des forêts?


Petite vidéo plutôt positive - avec explications associées - piochée parmi les perles Chiffroscope de Canal +


Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Mésopotamie 8000 ans avant notre ère. Plutôt que de poursuivre un gibier incertain et de cueillir des baies aléatoires, pourquoi ne élever ses propres animaux et planter lui-même des graines.
source : http://www.nytimes.com/1997/11/18/science/new-clues-show-where-people-made-the-great-leap-to-agriculture.html?pagewanted=all&src=pm
 
Depuis que l'homme a commencé à cultiver la terre il y 8000 ans, le monde a ainsi perdu 45% de ses forêts.
Source : Convention on Biological Diversity
http://www.cbd.int/forest/problem.shtml
On estime que 74% de la déforestation dans le monde aujourd'hui est due à la création de terres cultivables (20% dus à l'agriculture commerciale, 12% dus à l'élevage à grande échelle, 42% dus à l'agriculture de subsistance).
Source : United Nations Framework Convention on Climate Change, Investment and financial flows to address climate change, 2007, p.81.
(source : http://unfccc.int/files/essential_background/background_publications_htmlpdf/application/pdf/pub_07_financial_flows.pdf
Rapport du GIEC, 2007, p. 81)
 
De 1970 à 2010, la forêt Amazonienne a elle seule a perdu presque 20% de sa surface. En 2050, elle pourrait être réduite de moitié.
Source : RAISSON (Virginie), Atlas des futurs des mondes, Robert Laffont, 2009, p. 149.
 
C'est ce qu'on appelle la transition forestière qui intervient souvent lorsque la population d'un pays quitte la campagne pour la ville, laissant les arbres repousser sur une partie des terres agricoles.
Source : RUDEL (Thomas), Forest transitions : towards a global understanding of land use change, Global environmental change, pp. 23-31.
http://www.greenbiz.com/sites/default/files/document/CustomO16C45F64217.pdf
Ce n'est pas le seul facteur qui explique la transition forestière. Celle-ci peut être due à une prise de conscience par des gouvernements des risques de pénurie de bois. C'est ce qui s'est passé en Chine, au Bangladesh et en Inde.
 
En France, l'espace boisé reprend ainsi de la hauteur depuis 1829 et a retrouvé aujourd'hui son niveau du début du 14ème siècle.
Source : MATHER (A. S.), FAIRBAIRN (J.) et NEEDLE (C. L.), The Course and Drivers of the Forest Transition : the  case  of  France, p.67.
http://www.helsinki.fi/sivut2006/press/worldforests/Mather1999.pdf
 
Les forêts américaines, elles, gagnent du terrain depuis 1920.
Source : RUDEL (Thomas), Forest transitions : towards a global understanding of land use change, Global environmental change, p. 26.
http://www.greenbiz.com/sites/default/files/document/CustomO16C45F64217.pdf
 
Au total, dans les années 90, presque 40% des pays ont vu leur forêts s'étendre.
Source : RUDEL (Thomas), Forest transitions : towards a global understanding of land use change, Global environmental change, p. 26. 38% exactement.
http://www.greenbiz.com/sites/default/files/document/CustomO16C45F64217.pdf


mardi 18 décembre 2012

Immigration : Tout compte fait...

Petite vidéo avec explications associées très bien fichues.
Le tout pioché parmi les perles Chiffroscope de Canal +

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

"Selon l'ONU, 97% des habitants de la planète vivent dans leur pays de naissance.
ONU, World Migration Report 2009, p.1.
Source : http://www.un.org/esa/population/publications/migration/WorldMigrationReport2009.pdf


Entre 1960 et 2010, la proportion d'immigrés dans le monde n'a augmenté que de 0,5 point, passant de 2,6 à 3,1% des habitants de la planète
Chiffres du nombre d'immigrés dans le monde pour 1960, 1970, 1980, 1990 et 2000 :
United Nations Population Division, The International Migrant Stock: A Global View, p.6.
http://www.iom.int/jahia/webdav/site/myjahiasite/shared/shared/mainsite/microsites/IDM/workshops/Data_Collection_08090903/conf_osaki.pdf
Chiffres du nombre d'immigrés dans le monde pour 2010 :
International Migration Report 2009: A Global Assessment, p.1
http://www.un.org/esa/population/publications/migration/WorldMigrationReport2009.pdf
Chiffres de la population mondiale : ONU

La France compte plus de 6 millions et demi d'immigrés.
6,685 millions exactement. Chiffres de 2010.
Source : United Nations, International migration report 2009. A global assessment, p. XIX.
http://www.un.org/esa/population/publications/migration/WorldMigrationReport2009.pdf


Mais ils ne représentent que 11% de la population ce qui, en proportion, place la France très loin derrière le Qatar, qui compte 87% d'immigrés, les Emirats Arabes Unis [70%] et le Koweït [69%].
Source : United Nations, International migration report 2009. A global assessment, p.3.
http://www.un.org/esa/population/publications/migration/WorldMigrationReport2009.pdf


60% des étrangers vivant dans un pays d'Europe, dit Léa sont originaires  d'un autre pays d'Europe. Ils ne sont ni Africains ni asiatiques.
Chiffres compilés d'après les statistiques d'Eurostat.
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.php/Migration_and_migrant_population_statistics
32,5 millions de personnes étrangères vivaient au sein de l'UE à 27 en 2010, dont 12,3 millions d'étrangers issus d'un autre pays de l'UE et 7,2 millions d'un autre pays européen hors UE. La somme des européens parmi les étrangers vivant en Europe (12,3+7,2=19,5) représentent donc 60% des étrangers vivant dans l'UE en 2010".

 

mardi 20 novembre 2012

Ce n’est pas que nous soyons égoïstes mais...

« Métro-boulot-dodo ».

Trois petits mots qui, tellement entendus et remâchés, résonnent comme une boutade, un clin d’œil à l’humanité pressée et perturbée.

Mais pas nous. Non, non, non. Pas nous !

 

Et pourtant…

Ne sommes-nous pas non plus bercés par cette litanie de sacro-saints mots, qui régulent notre vie, ainsi que celles de milliards d’énergumènes peuplant la Grande Bleue ?

Ne nous levons-nous pas 5 jours par semaine, 47 semaines par an, non pas par plaisir, mais pour raccrocher notre wagon à cette loco-motivation commune, cette volonté de faire tourner le monde comme certains, une poignée, l’ont décidés ?

Ne rappelons-nous pas quotidiennement à nos chérubins l’importance de se faire une place de choix dans notre société ?

N’avons-nous pas votés dans l’espoir que le nouveau maître à penser nous façonne un monde meilleur, où l’argent reste Roi, sécurisant et décidant de tout ?

 

Que voulez-vous !

Ce n’est pas que nous soyons égoïstes, mais il est tellement important de mettre notre descendance à l’abri du besoin. Ce n’est pas nous qui choisissons. Ce sont les règles établies. L’€uro-régisseur de nos vies ne nous laisse que peu de temps. Acceptons le fait et le rythme imposé.

Ne nous laissons pas happer par ces nouvelles alternatives proposées par quelques utopistes cinglés et fainéants. Manger local, trier ses déchets, s’habiller équitable, développement soutenable, covoiturage, énergies vertes. Balivernes. Tous ces charlatans avides de solidarité sont condamnés à vivre en autarcie, loin du monde et de ses réalités, souvent pas bien loin de la pauvreté eux-mêmes. Regardons les choses en face.

 

Aide-toi et le ciel t’aidera. Aide ton prochain, il te chiera dans la main. Car que veut-il, le prochain ? Celui qui vit à deux heures d’avion de chez nous - et parfois bien plus près – dans des conditions déplorables que mêmes nos chiens n’en voudraient pas. Que veut-il ? Soyons lucide ! Notre place. Il veut notre place !!!

Il veut pouvoir, comme nous, en toute quiétude, acheter des vêtements de marques sans avoir à rendre de compte à personne – surtout pas à son patron qui le fait bosser 12 heures par jour pour un salaire de misère.

Il veut pouvoir, comme nous, prendre des vacances bien méritées en même temps que tout le monde, avachit sur une plage surpeuplée, se goinfrant de fruits bio importés de l’autre bout de la planète.

Il veut pouvoir, comme nous, conduire son 4*4 en ville, seul, pépère, et vider le contenu de son cendrier par la fenêtre si ça lui chante.

Il veut notre vie !

Et penserait-il à nous, alors, si les rôles étaient inversés ? Pensez-vous…

 

Alors, soyons raisonnables et cessons de penser qu’il pourrait y en avoir pour tous. Il n’y a pas de riches sans pauvres. C’est eux ou nous.

Ne nous blâmons pas. Bordel !!!


         "La part du gâteau" - Visuel Quat'rues

vendredi 27 avril 2012

Faire feu de tout bois

porno des bois
En cette fin d’avril, après une courte période d'hibernation, la Green Team se réunit à nouveau avec une thématique ambitieuse : « le bois dans tous ses états ».

Il est donc temps de sortir du bois ("Se manifester, apparaître au grand jour" ) - en tachant d'oublier qu’il n’est feu que de bois vert ("Seule la jeunesse est capable d'ardeur") - afin d’abattre du bois ("Faire de la besogne") et montrer de quel bois nous nous chauffons ("Montrer ce dont on est capable").

Entre-deux-tours présidentiel oblige, l’envie ne nous manque pas de casser du bois sur le dos de celui-ci ("Le battre").
Cependant, nous nous contenterons de toucher du bois ("Désigne un geste superstitieux pour conjurer le mauvais sort") en espérant qu’une majorité de français souhaite donner une volée de bois vert ("Infliger une correction") à cette tête de bois ("Avoir la tête dure") pourvue d’une langue qui ne l’est pas moins ("Langage figé, notamment de la propagande politique").
Car s’il ne faut pas juger du bois par l'écorce ("Il ne faut pas juger les gens sur leur mine"), souvenons nous que son quinquennat a eu l’effet d’un emplâtre sur une jambe de bois ("Sans aucune efficacité") et qu’il n’est définitivement pas du bois dont on fait les héros ("Courageux").


Ceci étant dit - et les expressions avec le mot « bois » se faisant rares - il n’ pas été facile de trancher pour un sujet en particulier.

En effet, nous aurions pu être pratique, et vous parler de nouveau de la taxe Robin des bois. Utopie pendant des années, cette taxe sur les transactions financières est en train de devenir réalité...
Une victoire ? Que nenni ! Car la taxe irait au budget national au lieu d'être affectée au développement. En savoir plus par ici.

Nous aurions tout aussi bien pu être critique, et disserter sur la catastrophe qu'est la déforestation à travers le monde.
Nous préférons, cette fois-ci, vous inviter à relire les billets du blog Quat’rues qui traitent du sujet.

Visuel Défoirestation Quat reus vêtements équitables et bio
Nous aurions pu, pourquoi pas, être ludique, et vous inviter à découvrir des jouets en bois fabriqués en France, par exemple sur les sites « Jeujoueethique » et « Bioviva ».

Enfin, nous aurions pu être pornoboisphique, et vous rappeler combien le bois et dame nature peuvent être coquins.

Nous aurions pu...
Mais nous n’avons pas su trancher et avons donc fait feu de tout bois.


Retrouvez les billets des autres membres de la Green Team
(Nous en profitons pour rappeler que les propos tenus dans ce billet n’engage que l'équipe Quat'rues !)
Abi [Vertissimmo] : En Sologne les vieilles charpentes en bois se réincarnent en lampes
Jean-Marc [Marron Rouge] : Même le bois se recycle
Karen [Blog maison écologique] : Jardin écologique : la permaculture
Michèle [Attention à la Terre] : Palettes en bois : recyclage et art

vendredi 13 avril 2012

Une vague blanche pour la Syrie

rassemblement vague blanche Syrie
Pour montrer notre solidarité avec le peuple Syrien et réclamer l'arrêt des massacres, la Fédération internationale des ligues des Droits de l'Homme organise un rassemblement le 17 avril 2012 de 19h à 19h30.
L'idée consiste à hisser des tissus blancs, le mot STOP écrit dessus, partout dans le monde - soit une grande vague blanche pour la paix.

En effet, la situation en Syrie fait état de plus de 9 000 morts connus à ce jour, 65 000 disparus, 35 000 blessés, 212 000 personnes incarcérées.
Plus d'un million de personnes déplacées à l'intérieur du pays, plus de 200 000 personnes à l'extérieur du pays.

Dans l'atrocité, un cap a été franchi. On tue, on torture des enfants, des blessés.
Ne rien dire cautionne. Se taire, c'est ne pas faire le minimum.

Le 17 avril, de 19h à 19h30, sortons près de notre mairie, ou devant chez nous, des hommes, des femmes, des enfants, un tissus blanc à la main, le mot "STOP" écrit dessus. Constituons ainsi une immense vague blanche se propageant à travers le monde.
Pour la paix.
Un rassemblement est prévu à Paris sur le parvis des libertés et des Droits de l'Homme - Place des Trocadéro

Vous pouvez aussi vous prendre en photo avec le mot STOP et l'envoyer à cette adresse. Elle sera mise en ligne sur le site vagueblanchepourlasyrie.org/

jeudi 8 septembre 2011

Qu'est ce qu'ils sont cons ces pauvres !

Matthieu CôteCrédit photo : Laurent P.

C'est pas nous qui le disons, c'est Matthieu Côte. Un chanteur Lyonnais trop tôt disparu, qui aurait pu en dire pas mal sur ce monde étrange dans lequel nous évoluons.

Vous pouvez retrouver ses chansons et son travail sur ce site ou sur his-space .

Matthieu Côte - Qu'est ce qu'ils sont cons - Live au Ninkasi Kao

mardi 26 avril 2011

Plastic Planet - Les enfants de l'âge du plastique

Plastic Planet environnement
Commode et bon marché, le plastique semble être devenu incontournable dans notre vie quotidienne. Tous les secteurs de l'industrie mondiale dépendent aujourd'hui, d'une manière ou d'une autre, du plastique. Il est présent partout (emballages, matériaux de construction, électronique, vêtements...). Pourtant, le plastique est devenu un danger global, tant pour l'homme que pour la planète, symbole de sur-consommation et de pollution à grande échelle.

Werner Boote nous offre une réflexion personnelle, sarcastique et critique sur un matériau à la fois controversé et fascinant qui a désormais toute sa place dans notre vie quotidienne : le plastique. Sous la forme d’un voyage autour du monde, le réalisateur autrichien nous fait découvrir son véritable impact sur notre civilisation et pose une question qui nous concerne tous : « Pourquoi ne changeons-nous pas nos habitudes de consommation ? »

En salle en France depuis le 6 avril, je n'ai pas trouvé de séance sur Lyon et me suis contenté de la version en langue allemande - voici le lien vers le film en V.O. Vous pouvez aussi jeter un œil sur le site officiel autrichien

Pour les autres, voici la bande-annonce en français (et bon courage pour trouver une diffusion proche de chez vous. On dirait que le sujet n'intéresse pas les foules... ou fait l'objet d'une certaine censure ?) :



Le plastique en quelques chiffres :
- 260 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde.
- 675 tonnes d’ordures sont jetées chaque heure dans les mers, dont la moitié est constituée de matières plastiques.
- On ne recycle qu’1% des 14 millions de tonnes annuelles de matières polystyrènes.
- En France, nous utilisons près de 300 sacs plastiques par an et par habitant… Et 45% de nos déchets plastiques ne sont pas recyclés.
- 500 ans, c’est la durée pendant laquelle les matières synthétiques demeurent en l’état dans le sol et dans les eaux.

jeudi 4 mars 2010

Quand un petit pays du Sud donne une leçon au Nord : le projet ITT en Equateur. La parole est à Matthieu, l´image à Canal...

Nous avions prévu la mise en ligne de ce billet demain, mais comme une émission est vouée à ce sujet ce soir sur canal +, en avant... A NE PAS MANQUER !
Diffusion le 3 mars à 22H15 sur canal + : Une idée simple...
Rediffusion dimanche 07 mars 2010 à 03h05

Par Matthieu le Quang

"L’Equateur est un pays pauvre doté d’une immense biodiversité mais en même temps dépendant des ressources générées par l’exploitation pétrolière. Ce petit pays est en train de faire un appel au reste du monde afin d’avoir l’appui de pays et de citoyens responsables pour réussir la transition vers un modèle de développement plus soutenable et une économie post-pétrolière. En effet, le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) est une des initiatives du gouvernement équatorien afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il s’agit de ne pas exploiter quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní, une réserve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversités dans le monde. L’exploitation de ce pétrole lourd, de 14 degrés API, pourrait rapporter à l’Etat entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix d’environ 70 dollars le baril).

L’Equateur possède une économie basée principalement sur la rente du pétrole. Il faut bien se souvenir que le pétrole représente 22,2% du PIB, 63,1% des exportations et 46,6% du Budget Général de l’Etat, pour l’année 2008. Les réserves de l’ITT représentent environ 20% des réserves totales connues dans le pays. C’est donc une manne financière dont un pays aussi pauvre que l’Equateur ne peut se passer. Pourtant, la proposition du gouvernement équatorien est de ne pas exploiter ces réserves. Mais en échange, l’Equateur, en partant du principe de co-responsabilité pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution à hauteur de 50% de la manne financière dont il pourrait disposer s’il exploitait ce pétrole. C’est une proposition qui vise à lutter contre le réchauffement climatique et contre la perte – sans possibilité de retour – d’une très riche biodiversité, à empêcher l’émission d’environ 410 millions de tonnes de CO2, à freiner la déforestation et la pollution des sols, ainsi que la détérioration des conditions de vie des habitants de la région. Les fonds obtenus par l’initiative seront destinés principalement au changement de la matrice d’offre énergétique et productive, réduisant l’utilisation de combustibles fossiles en les substituant par des formes renouvelables d’énergie hydraulique, géothermique, éolienne ou solaire. Ils serviront aussi à la protection et à l’administration efficiente de 40 Aires Protégées et Territoires indigènes (dans le parc Yasuni, vivent des peuples libres en isolement volontaire : les Tagaeri, les Taromenane et les Oñamenane), à la reforestation d’un million d’hectares ainsi qu’à l’investissement dans l’éducation, la santé, l’habitat et dans la création d’emplois dans des projets en accord avec les besoins des populations locales. Et tout cela, en harmonie avec la nature c’est-à-dire en dépassant le caractère principalement extractif de l’actuel modèle de développement qui dépend de l’exploitation du pétrole et des forêts. Avec ce projet ITT, le gouvernement équatorien veut montrer le nouveau modèle de développement que doit suivre le pays. Ce modèle est basé sur le respect des droits de la nature, l’équité sociale et l’utilisation de manière soutenable des ressources. Cette nouvelle vision implique de rompre avec la vision anthropocentrée du développement et ainsi, constitue un grand défi dans le contexte mondial actuel. De cette manière, le développement économique de l’Equateur ne dépendra plus du sacrifice du patrimoine naturel du pays en l’aidant à la transition d’une économie extractive, basée sur l’exploitation du pétrole, vers un modèle soutenable de développement avec un large emploi de sources renouvelables d’énergie respectant la biodiversité et l’équité sociale."

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