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Mot clé - responsabilité

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jeudi 24 octobre 2013

"La vie Auchan, elle change la Vie"... parfois de façon radicale et irréversible

Auchan change la vie
L'enseigne française qui promet la Vie, la vraie, a reconnu que des vêtements de sa marque In extenso avaient été produits au Rana Plaza. Cet immeuble s'effondrait le 24 avril dernier, au Bangladesh, faisant 1133 morts et plus de 2 000 blessés.

Après le drame, la mobilisation citoyenne et la pression médiatique ont poussé plus de 100 entreprises à signer un Accord de prévention des incendies et de sécurité des bâtiments au Bangladesh. Réclamé de longue date par Peuples Solidaires - ActionAid France, le Collectif Ethique sur l'étiquette et leurs partenaires internationaux, cet accord vise à prévenir de nouveaux accidents. Cependant, hormis quelques aides d'urgence, les victimes du Rana Plaza et leurs familles n'ont reçu aucune indemnisation.

Aujourd'hui, en lien avec l'Organisation internationale du travail (OIT), des discussions sont en cours en vue de mettre rapidement sur pied un fonds d'indemnisation des victimes*. Alors que neuf entreprises ont accepté de participer aux négociations, Auchan y brille par son absence... se disant victime d'une sous-traitance irrégulière et annonçant un « plan de lutte contre la sous-traitance opaque ».
Pour les ONG, il s'agit d'une mesure en trompe-l'œil car cette sous-traitance informelle et les violations qui en découlent sont aussi la conséquence des pratiques d'achat abusives des supermarchés et des grandes marques.

Auchan cherche-t-il ainsi à se dédouaner de sa responsabilité de donneur d'ordre initial ? Malgré ses 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour 2012, le groupe va-t-il persévérer dans son mépris des victimes du Rana Plaza ?

Par le biais de Peuples Solidaires, écrivez à M. Vianney Mulliez, Président du groupe Auchan.


(* Son montant est estimé à 54 millions d'euros dont 45%, soit environ 23 millions, à la charge des entreprises donneuses d'ordre du Rana Plaza. Celles-ci contribueront en fonction de leurs volumes de production estimés et de leur chiffre d'affaires).

jeudi 3 octobre 2013

A Manuel Valls, à propos du franquisme, de la Résistance, des roms...

Jean-Claude Lefort, Député honoraire Fils de Manouche, à Manuel Valls


"Manuel, tu avais "vocation" à retourner en Espagne en 1982.

Manuel, tu as déclaré hier soir sur BFM TV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé Français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu Français il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement de même que je comprends totalement ton souhait de devenir Français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais « vocation » à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms.

Celui qui t’écris, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et Français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre le franquisme les armes à la main dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que 9 ans et ma sœur 18.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à 16 ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient « vocation » à retourner ou à rester dans leurs pays d’origine, ces « Etrangers et nos frères pourtant »...

Manuel, « on » a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour devenir ou être membre de l’Union européenne: le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député je suis allé à Bruxelles auprès de la Commission pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figures- toi.

Et aujourd’hui dans ces pays la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien : aggravée. Et ils ont « vocation » à rester dans leurs pays ou à y revenir ? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes ? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures ? C’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant.

Alors toi l’espagnol devenu Français, tu ne comprends pas ? Fuir son pays, tu ne comprends pas ? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a « vocation » à rester ou revenir dans son pays ? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot « race » va disparaître de nos lois. A juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche on n’a pas la matraque en guise de cœur.

C’est un Français d’origine manouche qui t’écris et qui écris au Français de fraiche date que tu es. C’est un fils de « brigadiste » qui se rappelle à toi. Souviens-t-en : « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir ».

Pour l’heure Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour « ça » ?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus « ces étrangers et nos frères pourtant. » "



mercredi 13 février 2013

Faim dans le monde - demandez des comptes à votre banque !

tele a chat_visuel engagé QuatRues équitable bio (Visuel Quat'rues "Télé à chat")

Alors même que nous produisons suffisamment pour nourrir tous les habitants de la planète, une personne sur huit souffre encore de la faim dans le monde. Flambée des prix alimentaires, production d’agrocarburants, accaparement des terres : ce sont les populations des pays du Sud qui en paient le prix.

Notre système alimentaire est en panne.
De nombreuses causes sont en jeu mais Oxfam a identifié deux phénomènes qui jouent un rôle déterminant :
- les pics de prix alimentaires qui empêchent d’accéder à la nourriture,
- les accaparements de terre, qui privent les paysans de leurs moyens d’existence.

A qui la faute ? Aux États, qui doivent jouer leur rôle de régulateurs mais aussi aux banques !

Prêts bancaires aux plus gros producteurs européens d’agrocarburants, spéculation sur les matières premières agricoles comme si l’agriculture était une table de casino, ou encore fonds censés être socialement responsables qui sont en fait aussi peu éthiques que les autres...
Les banques françaises, et en particulier BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole ont leur part de responsabilité.

Demandez des comptes aux PDG de ces trois grandes banques pour leur rappeler leur responsabilité !
Et si vous êtes client-e de l’une d’elles, n’hésitez pas à leur dire, votre banque vous doit des comptes !